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Au cœur de la Plaza - Pony
29 octobre 2024
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S’inspirer de la réalité pour proposer un pansement, c’est ce qui résume la démarche artistique que Gabrielle Laïla Tittley, alias Pony, entreprend. Sa boutique du même nom propose vêtements, toutous, accessoires et bien plus, mais certains d’entre-vous la connaissent peut-être pour le fameux Club Optimiste Ponyland. En entrevue avec l’artiste, cette dernière s’est confiée sur ce qui la motive à créer.

Depuis que Pony a adopté son nom d’artiste aux environs de 2009, du chemin a été parcouru. L’illustratrice a cumulé plusieurs projets et a eu l’occasion d’ouvrir plusieurs magasins pop-up à Montréal, dont un au Ausgang Plaza, avant d’ouvrir sa boutique sur la Plaza en octobre 2020. 

Avoir une boutique pendant la pandémie

« Je pense que [pour certains, la pandémie] c’est le meilleur moment de leur vie. Puis il y a d’autres personnes où c’était comme peut-être une moins bonne période. Mais nous autres, dans le fond, on faisait des masques. Fait que j’ai pas vraiment eu les moments où j’étais comme seule, isolée et tout. On était beaucoup ensemble », se remémore-t-elle.

Elle associe le souvenir de l’ouverture de sa boutique pendant la COVID-19 comme un moment unique,  qu’elle compare un peu à un « no man’s land ».

Quatre ans plus tard, pour Pony, la situation s’est stabilisée, le moment parfait selon elle pour faire des collaborations.

Au niveau de sa boutique, elle confie vraiment aimer l’aspect multiculturel de la Plaza : « j’aime vraiment le weirdness tu sais l’espèce de clash entre l’innovation, la tradition, le  multiculturalisme, il y a tellement de choses qui font en sorte que la Plaza c’est le parfait spot. Je suis bien contente d’être ici. »

Ces dernières années ont été l’occasion pour Pony de tester plusieurs choses. Désormais, la boutique ne sort plus de collections, mais des drops « Une ou deux fois par semaine, on sort des nouveautés. La boutique, ça va être différent [d’avant]. »

Apporter du réconfort

« Je suis quelqu’un d’hyper sensible. Je pense que, depuis longtemps, j’ai souvent un genre de surplus émotif, surplus de tout en moi. Puis je pense que, plus jeune, je cherchais vraiment juste des façons d’essorer ce surplus-là. », raconte-t-elle.

Elle raconte aussi être entourée de gens très sensibles, ce qui donne lieu à de belles conversations. « On est pas mal nos psys les uns des autres. »

« D’ailleurs, par exemple, les peluches ou même n’importe quel vêtement, c’est vraiment de faire en sorte que les gens se sentent le moins seul possible, le plus compris possible », développe-t-elle avant d’ajouter « si tu te sens moins seul, je pense que ça amène un sentiment réconfortant à la réalité d’exister dans un monde aussi sens dessus dessous ».

Pour Pony, l’idée est d’essayer de rendre la vie plus douce, sans toutefois « se mettre des œillères », pour reprendre ses mots, mais aussi d’apporter un certain réconfort, un pansement pour la réalité.

« [C’est plutôt de se dire] hey comme tout est sens dessus dessous mais t’es pas seul à te sentir de même. On est conscient ensemble, puis on fait de notre mieux, puis on essaie de s’en sortir ensemble, pis on essaie de  “have a good time”, malgré tout ça »

Des toutous inspirés de ses propres expériences

Elle explique aussi que chaque toutou est doté d’une histoire et que chacun a été créé dans un moment de sa vie où elle sentait le besoin de créer un accompagnateur lié à ce moment précis. 

Le premier était Anxiyéti, qui est un mélange de yéti et d’anxiété pour représenter la solitude ou l’isolement. Le Kinzu, de son côté, est un cœur brisé pour accompagner les personnes dans une période de deuil, mais son approche est vaste.

« Ça peut être un deuil humain, un deuil animal, ça peut être un deuil d’un job qu’on aimait vraiment, puis qu’on a perdu, un deuil d’un rêve, d’une partie de notre corps ou un handicap », énumère l’artiste.

« Dandy, c’est juste un borderline instable. C’est un pissenlit avec des troubles d’abandons et Count Vulva, c’est un tampon-vampire, un suceur de sang pour accompagner les gens qui vivent avec des menstruations pendant cette période-là. »

Des créations profondes

Les dessins de Pony sont très colorés, ou « vraiment bonbon », mais, pour elle, c’est un peu la pointe de l’iceberg.

« C’est comme une toune des Trois Accords, tu sais, tu peux l’écouter au premier niveau, puis ça va juste être comme “yay”, puis des enfants peuvent l’apprécier. Ou comme un film Disney. Puis [quand] tu réécoutes un film Disney aujourd’hui, le même que t’as écouté quand t’étais kid, tu comprends des nouveaux messages qui t’échappaient. »

C’est un peu le même principe pour son travail : ses créations peuvent être appréciées en surface, mais aussi en profondeur.

« Je pense vraiment pas que je suis la meilleure illustratrice, je pense que je suis bonne pour faire des liens, créer des doubles sens. Je pense que je suis bonne en concept, c’est ça qui me fait le plus tripper », affirme-t-elle.

N’hésitez pas à entrer à la boutique Pony au 6534 rue St-Hubert lors de votre prochaine visite sur la Plaza.

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